Traversée Cuba Mexique

Voilà c’est le départ de Cuba direction le Belize. Nous avons attendu 24h pour une fenêtre météo favorable. Nous devrions avoir dans les 15 nœuds de vent d’est. Nickel.

Nous prenons donc la mer en milieu d’après midi et prévoyons 2 bonnes journées de nav’. Mais nous avons vite déchanté. En fait au bout d’une heure, nous avons compris que ça ne se passerai pas tout seul :

  • malgré les prévisions 25 nœuds de vent de sud-sud-est, donc avec la vitesse du bateau ça fait presque 30 nœuds réels en pleine face
  • le courant très fort du Gulf Stream (de sud est en nord ouest) est presque perpendiculaire à la houle, donc on se tape une mer horrible

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On se fait trimbaler comme des sacs de patates et PA et moi sommes pris par le mal de mer. Nous sommes inertes dans le cockpit, à ne pas pouvoir se déplacer, ne pas savoir si on a faim ou au contraire si on a envie de vomir. L’idée même de rentrer quelques minutes pour aller aux toilettes est à la limite du supportable. Lire un bouquin est impensable. D’ailleurs nous nous faisons tremper par les vagues qui arrivent à passer dans le cockpit tellement c’est le bordel dans l’eau. Tout et trempé. Nous sommes des merdes. Bref, l’horreur.

Avec tout ça il est très difficile de dormir à cause du stress et des mouvements incessants et violents du bateau. On doit donc attendre et prendre notre mal en patience tandis que la mer devient de plus en plus mauvaise.

Au bout de quelques heures, j’arrive tout de même à nous faire cuire un peu de riz blanc. Nous sommes à bout de forces, il faut absolument manger.

Le pire, c’est que nous n’arrivons pas à maintenir un bon cap, nous serions pile face au vent sinon. Il va falloir louvoyer et donc perdre beaucoup de temps…. et par conséquent en baver plus longtemps. Le moral est au plus bas.

La dessus, une des bases des jambes du portique pète sous le poids de l’annexe qui bouge beaucoup. Pas bien grave, mais bon, nous n’avions pas besoin de ça.

Nous décidons donc que le Belize, c’est non, il n’y a pas moyen. Nous irons au Mexique d’abord puis si on peut, de là-bas nous naviguerons jusqu’au Belize en longeant la côte. Au moins nous aurons moins le vent dans la tronche est ce sera un peu plus supportable. Et puis nous allons enfin profiter du Gulf Stream aux fesses (nous ferons plus de 10 nœuds réels).

Un dizaine d’heure plus tard, au bord de la crise de nerfs, nous arrivons à quelques miles d’Isla Mujeres, ile au nord-est du Mexique. On y est presque et il y a moins de houle. Par contre le temps est toujours aussi pourri et le vent ne s’est pas calmé. Plus que quelques heures et nous serons au calme.

Mais tout de même, la série d’emmerdes ne peut pas se terminer comme ça, ce serait dommage ! Le moteur s’étouffe et a du mal à tenir son régime : le filtre du moteur est encrassé (nous n’avions dépassé la durée de vie du filtre que de quelques heures pourtant). Pendant que PA est à la barre, il faut donc que je me mette dans la cale moteur et que je pompe manuellement l’arrivée de diesel avec une poire à main. Il fait très chaud là dedans et évidemment ça sent l’essence. Trop bien.

Et puis le joint spi éclate : fuite dans le circuit d’eau de mer qu’il faut aussi pomper. On prend donc la pompe de cale et on l’installe dans la cale moteur.

Nous arrivons au mouillage blindé de voilier où par 20 nœuds de vent il faut se trouver une place et poser l’ancre avec un moteur qui s’arrête quand je cesse de pomper. Booooooon. L’ancre ne tient pas. Booooooon.

Nous nous décidons pour une marina à côté qui pourra en plus nous réparer le portique. De toutes façons, au point ou nous en sommes psychologiquement, on veut juste se poser, manger et dormir. Peu importe le prix de la marina.

Nous appelons pendant une demi heure la marina qui ne répond pas. Booooooooon. Tant pis, on y va, on prendra la première place qui se présente et tant pis s’ils ne sont pas contents.

Là commence le sprint final : il faut que j’installe les pare-battages et les amarres tout en étant dans la cale moteur à pomper sur cette foutue poire. Pratique. Et puis il y a un bon 15 nœuds dans la marina, ce qui rend la manœuvre délicate pour PA. Mais la perspective d’être enfin au calme nous donne un regain d’énergie. Et tant bien que mal, grâce à l’aide d’un pêcheur sur le quai, nous arrivons à nous amarrer. ENFIN ! Allelouia.

Après 48h de pure débandade, ça y est… J’en aurais presque pleuré de soulagement. D’ailleurs malgré la fatigue, nous mettrons plusieurs heures à  »redescendre » tellement nous étions sur les nerfs.

Et maintenant place au confit de canard avec plein de patates, à un film et vivement qu’on oublie tout ça avec une grosse nuit réparatrice.

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One Response to Traversée Cuba Mexique

  1. Elodie says:

    Toujours aussi extra de te lire Cle! J ai presque la nausee avec vous en lisant ce post… Pense bien a vous! Bises

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