Floride

Nous partons du Mexique gais comme des pinsons : 48 heures de nav’ et nous serons chez l’Oncle Sam. Ce sera le dernier pays de notre périple. Jusqu’ici, nous aurons visité 14 pays en 13 mois…. plutôt pas mal.

Une bonne fenêtre météo arrive mais nous savons que la traversée sera quand même musclée : la navigation entre Cuba et le Mexique nous a laissé un « sacré souvenir » (depuis j’ai le mal de mer, pas cool). Nous nous disons que c’est la dernière fois qu’on se tape ce p%#µ$  de Golfe du Mexique. On va tenir bon et s’avaler 2 – 3 cachets contre le mal de mer.

Et effectivement les premières heures au bon plein, avec une mer agitée nous ont mis dans l’ambiance mais nous pensions qu’après avoir passé la pointe Ouest de Cuba, tout se calmerai, que le courant serait moins fort et que les vagues de Sud Est seraient stoppées par Cuba.

Mais…. non. Le Gulf Stream nous porte trop à L’Est et nous sommes obligés de lutter (en crabe) pour faire du cap. Pas terrible.

Puis, à 3h du mat’, quelques heures avant d’arriver à Key West, on entend un gros bruit sourd à l’avant du bateau. Panique ! Est ce qu’on raclerai le fond ? Non, il y a plus de 100 mètres. Je jette un coup d’œil au davier sur lequel DEVRAIT reposer l’ancre. Mais pas d’ancre. La chaîne de l’ancre se dévide toute seule. Et forcément, il faut que ça arrive en plein milieu de la nuit, sous voile. Sinon, on rigolerai vachement moins. Parce que là, comme vous pouvez le deviner, on était morts de rire. Bref, en panique il a fallu remettre le moteur en route et rentrer les voiles, parce que la chaîne racle sur la coque et le guindeau ne répond plus.

PA arrive a arrêter le bateau. Et Bibi doit aller à l’avant du bateau par 2 mètres de creux (donc en rampant littéralement sur le pont histoire de ne pas tomber), bidouiller le guindeau et remonter les 50 mètres de chaines déjà dévidées.

Le problème réglé et le moment de stress passé nous comprenons que les vagues qui passaient par dessus l’ancre ont fait tellement de poids sur l’ancre elle-même et les boutons du guindeau qu’il s’est mis en route tout seul et ne voulait plus s’arrêter. Ça faisait environ 1 an et demi qu’on se demandait à quoi servait le coupe-circuit sur le guindeau. Maintenant on sait.

Nous finissons la nuit et la matinée plutôt calmement et arrivons enfin à Key West. Pfiou.

Il faudra se mettre en marina pour faire les papiers d’entrée et nous savons que ça ne sera pas de tout repos puisque qu’on vient de faire le Mexique mais surtout Cuba. Ça risque d’être musclé.

Et effectivement, les Coast Guards ont changé de tête quand on leur a appris d’où on venait. L’un d’eux sort un grand sac poubelle de sa poche et nous demande de rester dans le cockpit pendant qu’il inspecte le bateau. Interdiction de rentrer dans le carré : « Ça le rend nerveux mon collègue ». Un quart d’heure plus tard, le collègue en question ressort le sac rempli. Toute la bouffe fraiche passe a la poubelle. Mais le pire, c’est qu’ils nous confisquent les cigares qu’on avait acheté à Cuba. Les boules. D’autant plus qu’ils vendent les mêmes dans un magasin à 30 mètres de là.

Bref, nous arrivons à faire tout les papiers et être en règle en quelques heures. Ça va.

Nous profitons de la marina pour nettoyer à fond le bateau, racheter des pièces et ces cartes de navigation…. Puis un couple d’américains vient nous parler : ils adorent notre bateau, cherchent à en acheter un et demandent carrément si nous vendons Sweet Pea… ben non. Mike et Suzy nous proposent quand même de nous faire visiter la ville et de nous emmener au supermarché (ainsi que dans un restau de dessert appelé « Better Than Sex » où le thème est bien sûr le sexe! Tout ou presque est en forme de humhum.Très bon et vraiment drôle). En échange, on leur fait visiter le bateau.

Ça tombe bien ils sont très sympas et ont eu un vrai coup de cœur pour Sweet Pea. Nous resterons en contact pendant plusieurs mois.

En étudiant les cartes, PA se rend compte que nous aurons à passer sous énormément de ponts à 65 pieds (environ 20 mètres). Nous décidons de mesurer notre tirant d’air afin de savoir si on est en dessous ou au dessus. Bien sûr, on est juste un peu au dessus en comptant les antennes en tête de mât ! La solution : redescendre les antennes d’environ 60 centimètres et nous passerons ces ponts. PA passera toute une après midi là haut à tirer les fils, de-riveter et re-riveter les antennes ce qui n’est pas de tout repos en plein cagnard à 20 mètres du sol. Mais IL L’A FAIT !

Ça y est on est paré à enfin profiter des US. Nous nous dirigeons vers le Fort Jefferson, réserve naturelle totalement isolée au Sud Ouest des Keys. Nous avons adoré puisque l’eau est encore assez claire et que nous avons pu nager avec des mérous Goliath ! Ces poissons font la taille d’un veau et c’est très impressionnant (voir la vidéo). Et puis le fort en lui même est très sympa. Certains touristes arrivent par hydravion et il y a une zone de reproduction d’oiseaux juste côté.

Après quelques jours, nous décidons d’aller aux Everglades avant de revenir sur les Keys, histoire d’aller pécher et de faire de l’aéroglisseur. La pèche s’est révélée plutôt bonne avec la prise de Redfish et de Snooks. Très bons ! Nous n’avons pas vu de crocodiles pourtant censés être très nombreux dans la région. Par contre, nous avons fait la connaissance des lamantins (ces gros sacs).

Malheureusement nous n’avons pas eu l’opportunité de faire de l’aéroglisseur : tout est très loin et sans voiture, aucune chance d’y aller.

De retour aux Keys,  nous avons eu la chance d’avoir un troisième passager à bord: un petit oiseau qui est resté plusieurs heures!

Puis il est l’heure de prendre notre premier pont : très stressant puisque c’est le premier que l’on passe, c’est le pont « test ». Du coup on commence à douter « Est-ce qu’on a bien mesuré? », « Il fait vraiment 65 pieds ce pont ? », « On passera jamais j’te dis ». Mais bon il faut bien se lancer. Arrivés à 50 mètres du pont, je me mets en pied de mât (d’où le pont paraît tout de suite plus bas) et PA manœuvre le plus doucement possible. Mais comme le courant est très fort, on n’a pas le choix, faut il aller franchement histoire de ne pas se taper un pylône. Ça serait dommage et de plier le mât et de défoncer la coque. On aurait l’air bête.

Nos cœurs ont probablement du s’arrêter parce que vraiment, nous n’y croyions pas une seconde…. mais si, on est passé. Yeahhhhhhh !

On a eu très chaud. Et il est vraiment difficile de se rendre compte de l’espace entre le mât et le pont vu d’en bas : les perspectives sont écrasées. D’ailleurs nous aurons les mêmes frayeurs pour les prochains ponts, même ceux qui annoncent 67 pieds. J’imagine qu’il faut s’habituer.

Nous prenons un mouillage bien abrité à côté de quelques autres bateaux. Le soir même nous faisons connaissance avec les orages américains. Oh non, ils ne ressemblent pas aux orages français. Non, non, non, non. Ils sont très violents, très gros, les éclairs et le tonnerre foutent vraiment les miquettes et le vent passe de 10 à 30 nœuds en quelques secondes. Donc en plein milieu de la nuit notre ancre décroche, forcément. On a failli se taper un bateau derrière nous (à vue d’œil, on a dû passer à 10 mètres d’eux, pas plus). Grosse frayeur. Sous l’orage déjà en place depuis des heures et pas prêt de s’arrêter il faut aller replanter l’ancre. Il y a toujours 25 nœuds, et on se marre toujours autant. Mais bon, on y est arrivé. Le lendemain nous sommes allés nous renseigner sur les fonds (parce que déraper avec plus de 50 mètres de chaîne de 10, ça ne nous était jamais arrivé) : en gros c’est de la merdasse, moitié sable, moitié boue. Les locaux ont des ancres «spécial merdasse». On hésite à en acheter une mais bon, non. On en a déjà 4 à bord qu’on utilise jamais, donc non.

Puis nous remontons les Keys tranquillement, tantôt coté intérieur, tantôt coté océan, suivant les prévisions météo et les fonds. Nous entendons tout les jours plusieurs bateaux qui se foutent en l’air : soit foudroyés donc plus d’électronique, soit échoués donc besoin d’une remorqueuse, ou encore carrément retournés donc besoin d’un bateau neuf :) C’est hallucinant, presque toute la journée, le canal 16 est encombré par ce genre de SOS. Autant dire que ça fait rire et ça fait peur à la fois : la navigation est elle vraiment si compliquée et jusqu’ici on a eu du bol ou alors les ricains sont ils des gros bourrins ? On optera unanimement pour la 2ème solution quelques jours plus tard quand nous rentrerons dans Miami et la voie intracostale.

Puis nous arrivons a Boca Chica Key, dernière caille avant Miami dont on voit déjà les buildings se distinguer. Il y a une épave et c’est probablement la dernière du voyage, l’eau devenant de plus en plus trouble à mesure que l’on remonte au Nord.

Le lendemain, nous ferons les 15 miles qui nous séparent de l’entrée de Miami. Ça va faire bizarre après 3 semaines passées dans la nature….

Nous voilà dans le chenal de Miami, les buildings luisants s’élèvent très très haut dans le ciel, les yachts refont leur apparition et il y a beaucoup de trafic (commercial et plaisancier) d’autant plus qu’on est Dimanche et que les jet-skis sont eux aussi de sortie. Nous sommes tout excités. Nous nous trouvons un mouillage assez calme juste à coté de Miami Beach, entre les buildings. Ça fait drôle. Vraiment drôle

Nous avons beaucoup aimé Miami Beach pour son coté fun, son architecture totalement hors standards et pour tout les clichés qu’on se fait d’elle et qu’elle assume complètement. Ici, la vie est douce, folle, libre et sans préjugé. Les immeubles art déco côtoient les cocotiers et les buildings en verre, les gens sont très « stylés » et en sont très fiers, la fête est un thème central… Bref très sympa, une bonne ambiance.

Nous sommes d’ailleurs tombés sur un magasin de déguisement ou nous avons bien ri…. et acheté des saloperies.

Puis nous sommes allés du coté « ville » et nous avons été un peu déçus : très business, assez froid, pas grand chose à voir (même le musée de Miami était assez décevant)…. mais heureusement nous sommes tombés sur un restau de fromage. Ouh le gavage. Plateau de fromage, pain, pâté et verre de vin. Le rêve. Ça nous a fait un bien fou.

Nous nous dirigeons ensuite à plus de 120 miles de là avec une traversée de nuit jusqu’à Fort Pierce avant de poser le bateau à Vero Beach… pour aller à Disney World !

 

This entry was posted in au fil de l'eau, photos, vidéos. Bookmark the permalink.

3 Responses to Floride

  1. Sylvie et Noel says:

    Bien le reportage !!! Un peu décalé dans le temps, mais ca fait plaisir d’avoir de vos nouvelles ! On espere que vius etes sirtis des galeres.
    Pour nous la vie de chien continue dans les petites criques paradisiaques…. Un peu trop de vent parfois, mais ca rafraichit !
    Plein de bisous a vous deux

  2. the score says:

    Yo les Matelos,

    Toujours une super rédactrice en chef, et un captain qui me surprend de part la qualité de son bricolage (c’était pas gagné, il y a quelques années en arrière). Bravo pour vos photos et films, juste splendide. Celle du Mexique me rappelle des souvenirs d’une autre vie et les choses ont bien changé depuis. (you know what I mean :). PA, balance les sons de tes vidéos stp notamment celui de Miami.
    Je vous embrasse et sachez que vous nous manquez qd même un peu.
    Tom

    • Clé says:

      Merkkiiii
      Sympa ce petit mot. Pour une fois que tu ne nous envoie pas un message crado…..;)
      Pour le son de miami: So Good To Me, Original Mix, Chris Malinchak
      Moi aussi j’adore ce son.
      Pour info, on l’a trouvé sur le CD Pete Tong, All gone, Miami 2013. Du bon son
      Des bises et a tres vite

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *